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Qatna, Ougarit, Elba

 
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forumanubis
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MessagePosté le: Sam 26 Avr - 16:44 (2008)    Sujet du message: Qatna, Ougarit, Elba Répondre en citant

QATNA

Qatna est une cité antique située en Syrie à 200 km au nord de Damas, sur l'actuel site de Tell Mishrife. C'était la capitale d'un royaume qui fut l'un des plus importants de la région dans la première moitié du IIe millénaire av. J.-C., et avait encore une certaine puissance dans la seconde moitié de ce même millénaire.



Les vestiges actuellement visibles et qui ont fait l'objet de fouilles récentes constituent un tell d'une superficie d'environ 1 km². Le tell se situe au bord du plateau calcaire qui délimite le désert syrien et domine la plaine fertile de Homs.



La cité qui s'est développée depuis le début du IIe millénaire av. J.-C. était un point important de passage sur les routes de commerce de la région. Plusieurs dynasties de rois s'y sont succédées pendant presque mille ans, développant une culture raffinée, un artisanat, et utilisant l'écriture cunéiforme.

Le site de Qatna est occupé depuis le néolithique. Mais c'est au début du IIe millénaire que la ville devient importante.


Le royaume amorrite de Qatna
Le développement de Qatna à la période amorrite (2004-1595 av. J.-C.) est établi par l'archéologie, puisque c'est de cette époque que datent les impressionnantes murailles qui protègent la cité. Pour le début de cette période, on a retrouvé un sphinx en pierre venu d'Égypte, inscrit au nom d'Ita, fille du pharaon Amenemhat II (1928-1895 av. J.-C.), qui établit les contacts entre Qatna et le pays des Deux-Terres.



Mais ce sont les archives de Mari qui nous renseignent de manière indirecte sur l'histoire du royaume de Qatna, entre la fin du XIXe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle. Cet État est alors l'un des plus puissants de Syrie et de tout le Proche-Orient. Son grand rival est son voisin du nord, le Yamkhad, dont la capitale se trouve à Alep.

Samsi-Addu, roi du Haute-Mésopotamie, faisant lui aussi face à Alep depuis qu'il a conquis Mari, choisit de s'allier au roi Ishkhi-Addu de Qatna. Dans ce but, la fille de ce dernier, Dam-hurasi, épouse Yasmah-Addu, le fils de Samsi-Addu, qui règne alors à Mari. La conclusion de ce mariage et son déroulement sont bien connus par les archives mariotes. Qatna est alors entraînée dans plusieurs conflits, directs ou indirects, avec Sumu-epukh d'Alep, qui soutient des révoltes contre Ishkhi-Addu dans le nord du Liban. À cette occasion, Samsi-Addu et Yakhdun-Lim envoient des troupes de soutien à Qatna. Ce conflit s'achève finalement sans vainqueur.



En 1775 av. J.-C., Samsi-Addu décède, et son royaume s'effondre. Soutenu par Hammurabi, le nouveau roi du Yamkhad, Zimri-Lim monte sur le trône de Mari en chassant Yasmah-Addu. Quand il occupe le palais de Mari, il conserve le harem du vaincu, et il fait donc de Dam-hurasi son épouse principale. Cela lui permet de rester en bon terme avec Ishkhi-Addu et son fils et successeur Amut-pi-El, tout en étant allié du roi d'Alep, dont il épouse aussi une fille. Les relations entre Qatna et le Yamkhad paraissent alors connaître une période d'accalmie.



La prise de Mari en 1761 par Hammurabi de Babylone, crée un trou dans notre connaissance de Qatna. D'après ce que semblent indiquer les archives d'Alalakh (fin XVIIIe-XVIIe siècles), Qatna serait passée sous le contrôle du Yamkhad, l'ennemi séculaire.
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MessagePosté le: Sam 26 Avr - 16:44 (2008)    Sujet du message: Publicité

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forumanubis
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MessagePosté le: Sam 26 Avr - 16:50 (2008)    Sujet du message: Qatna, Ougarit, Elba Répondre en citant

Seconde moitié du IIe millénaire

Qatna est toujours la capitale d'un royaume aux XVe-XIVe siècles. Il ne s'agit plus d'un royaume de premier rang, mais plutôt d'un royaume secondaire, devenu vassal du Mitanni, puis de l'Égypte, à l'époque des lettres d'Amarna, quand un certain Akizzi règne sur cet État. C'est après cela que Qatna passe sous domination hittite, quand Suppiluliuma Ier s'empare de la Syrie. Cela s'est apparemment fait dans la violence à Qatna, si on date de ce moment les destructions retrouvées sur le site.



Fouilles
Les Égyptiens reprennent le contrôle de la ville sous Sethi Ier, vers 1300. Elle reste finalement dans cette situation jusqu'aux invasions des Peuples de la Mer au début du XIIe siècle, qui provoquent sa destruction. Cela n'est cependant pas définitif, puisque la ville est encore habitée dans la première moitié du Ier millénaire.

Les sources provenant du site de Qatna même pour cette époque se sont étoffées avec les découvertes de plusieurs tablettes cunéiformes sur l'acropole et dans le palais royal durant ces dernières années, et le lot va probablement encore grossir. À l'époque des fouilles françaises, les seuls textes trouvés étaient les inventaires de Qatna, qui sont des listes de bijoux offerts à la déesse de la ville, Nin-Égal, la « Dame de Qatna ». Elles nous donnaient des listes de rois, dont on ne savait pas dater les règnes. Les tablettes retrouvées par les fouilleurs allemands dans le couloir menant aux tombes royales ont donné le nom d'un roi commun à celui des inventaires : Idadda/Idanda. On attend la publication des nouvelles tablettes et de nouvelles découvertes pour en savoir plus.
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forumanubis
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MessagePosté le: Lun 2 Juin - 17:14 (2008)    Sujet du message: Qatna, Ougarit, Elba Répondre en citant

OUGARIT (site archéologique)



Ougarit est le nom antique d’une cité du IIe millénaire avant J.-C. située sur le tell de Ras Shamra (côte méditerranéenne de la Syrie, à 10 km au nord de Lattaquié), capitale du royaume du même nom. Le nom d’Ougarit est attesté seulement pour la dernière période de son histoire, mais la ville dont les restes couvrent le tell correspond à la dernière phase d’une occupation humaine, à peu près continue, de six millénaires, depuis l’installation des premiers occupants au VIIIe millénaire. Ougarit connaît à la fin du Bronze récent (XIVe-XIIe s. av. J.-C.) une assez longue phase de prospérité dont témoignent les vestiges architecturaux, le riche mobilier des tombes et de l’habitat, et le contenu de plusieurs milliers de tablettes écrites en signes cunéiformes. Mais cette période se termine par une rapide décadence et la ville ne résiste pas au passage des « Peuples de la mer » : elle est détruite vers 1190, et le royaume disparaît définitivement au début du XIIe siècle avant J.-C.

http://www.aly-abbara.com/voyages_personnels/syrie/syrie_2/ugarit.html



1. Histoire des fouilles
La découverte fortuite d’une tombe dans la baie de Minet el-Beida a marqué le début des travaux de la mission archéologique française : en 1929, des fouilles ont été entreprises à la fois sur le site portuaire de Minet el-Beida et sur le tell de Ras Shamra, distant de moins de 1 kilomètre, qui s’est révélé un important site urbain. Dès la première campagne, on a trouvé, au milieu des restes architecturaux du Bronze récent (XIVe-XIIe s.) au sommet de la ville (Acropole, Maison du grand prêtre), des tablettes d’argile portant des textes notés en cunéiforme dans une langue alors inconnue. Le retentissement fut considérable dans le monde savant, en particulier dans celui des biblistes : dès 1930, le système graphique nouveau a été identifié par Henri Bauer, Édouard Dhorme et Charles Virolleaud comme le premier système alphabétique, notant une langue, l’« ougaritique », du groupe sémitique occidental (comme le phénicien, l’araméen, l’hébreu) ; ces tablettes portaient des poèmes mythologiques centrés sur le dieu Baal, qui ouvraient des perspectives nouvelles sur la Bible, et renouvelaient la connaissance qu’on avait de son « substrat culturel cananéen » (voir l’article « Ugarit » de R. Largement consacré aux textes et à la religion). Depuis cette date, la mission a poursuivi ses recherches à Ras Shamra-Ougarit (sauf une interruption pendant la Seconde Guerre mondiale) jusqu’à aujourd’hui, sous les directions de Claude Schaeffer (1929-1970), Henri de Contenson (1972-1973), Jean-Claude Margueron (1975-1976), Marguerite Yon (1978-1998), Yves Calvet et Bassam Jamous depuis 1998.
D’une part, les recherches archéologiques ont permis d’explorer le tell en profondeur : un sondage ouvert sur la pente de l’Acropole jusqu’au sol vierge a traversé sur 15 mètres tous les niveaux d’occupation, permettant de retracer l’histoire de l’occupation humaine sur le site, du Néolithique à la fin du Bronze récent. D’autre part, les fouilles menées en extension à la surface du tell (environ 6 ha en 2000) ont révélé peu à peu la ville du Bronze récent avec ses palais et ses temples, son rempart et ses quartiers d’habitation, livrant un mobilier extraordinairement varié.
Depuis les années 1980, les programmes de fouille menés selon les méthodes traditionnelles sont combinés avec d’autres approches scientifiques, liées au progrès des techniques dites « archéométriques », portant sur les questions d’environnement, les analyses physico-chimiques de matériaux (métal, verre, bitume, etc.), la détermination des matières (animales, minérales, etc.), les procédés de datation. La combinaison des données historiques et archéologiques avec l’exploitation des textes et des analyses techniques a déjà permis, et permettra encore, d’approfondir la connaissance que l’on avait de la civilisation levantine d’Ougarit, qui est culturellement et historiquement un site clé de l’histoire du Proche-Orient.

http://perso.wanadoo.fr/spqr/ugarit.htm



2. Histoire du site
Dès le VIIIe millénaire, qui voit au Proche-Orient néolithique les débuts de l’agriculture, de la domestication des animaux et de l’habitat groupé, des populations sédentarisées se sont installées à proximité de la mer dans la fertile plaine côtière qui s’étend entre la mer et la chaîne Alaouite (Jebel el-Ansariyé). Six millénaires d’occupation à peu près continue ont édifié le tell de Ras Shamra (« la colline du fenouil »), qui s’étend aujourd’hui sur plus de 25 hectares entre deux petits cours d’eau (nahr Chbayyeb au nord, nahr ed-Delbé au sud), et culmine à environ 20 mètres au-dessus de la plaine qui l’entoure. Le climat méditerranéen était favorable aux cultures de l’olivier, des céréales, de la vigne, et le couvert forestier des pentes montagneuses fournissait le bois. La traversée de la montagne par la vallée du nahr el-Kébir met le site en communication avec l’arrière-pays syrien et, au-delà, avec les régions de l’Euphrate. À moins de 1 kilomètre du tell, la baie de Minet el-Beida constitue l’abri portuaire naturel le plus sûr de tout le Levant nord. Les groupes humains qui ont habité là du VIIIe au IIe millénaire ont bénéficié de ces conditions favorables.
Du XIVe au XIIe siècle avant J.-C. (à la période du Bronze récent qui correspond aux XVIIIe et XIXe dynasties d’Égypte, au temps de Moïse ou à celui des Juges, à celui de la guerre de Troie), Ougarit est une riche cité marchande cosmopolite, pour laquelle des textes mis au jour en Égypte (tell el-Amarna), en pays hittite (archives de Boghaz-Köy) et à Ras Shamra même apportent aux découvertes de l’archéologie un éclairage inestimable. Son développement économique, qui repose en partie sur la richesse agricole, bénéficie alors largement de l’expansion des activités de négoce maritime et de son rôle de façade méditerranéenne des régions continentales. Les vestiges architecturaux, le mobilier archéologique et les textes mis au jour font surtout connaître les dernières phases d’occupation de la surface du tell jusqu’au début du XIIe siècle avant J.-C. La ville, qui a subi de fortes destructions et des incendies violents, est alors peu à peu désertée par ses habitants, et le site abandonné à des « squatters » installés dans les ruines, ou aux bergers.
Au cours du Ier millénaire avant J.-C., le tell voit parfois s’établir quelques exploitations agricoles – notamment à l’époque perse (Ve-IVe s.) ; des trouvailles isolées (monnaies, céramiques, etc.) trahissent le passage de voyageurs ou de brèves installations aux époques hellénistique ou romaine.

3. Le royaume
Le royaume d’Ougarit s’étendait sur environ 2 000 kilomètres carrés entre mer et montagne, limité au nord par le massif du Bassit, avec le Jebel el-Aqra, antique mont Saphon, où siégeait le dieu Baal protecteur du royaume. Les ruines de la capitale recouvrent le tell de Ras Shamra. À 800 mètres, la baie de Minet el-Beida abrite les restes du port principal, antique Mahadou ; les fouilles de 1929-1935 n’y ont révélé d’agglomération construite qu’au Bronze récent, mais l’abri portuaire était probablement utilisé depuis longtemps.



4. Organisation politique
On ne sait à peu près rien d’Ougarit avant le Bronze récent, sinon son existence : ainsi, un texte de Mari sur l’Euphrate signale au XVIIIe siècle (Bronze moyen) un voyage de son roi vers Ougarit. Au Bronze récent, le pouvoir local est dans les mains d’un roi, et, à partir du XIVe siècle (époque d’el-Amarna), les textes font connaître une dynastie qui se réclame d’un ancêtre mythique, Yaqarou : elle en a hérité le sceau-cylindre « dynastique » daté du XVIIIe siècle, attesté par plusieurs empreintes sur des tablettes. On devine quelques aspects de l’organisation politique à travers les archives trouvées dans le Palais royal et dans certaines maisons de grands personnages. Le recoupement des attestations épigraphiques a permis de proposer la succession suivante des derniers rois (les dates sont approximatives) : Ammishtamrou I ( ?-1370) ; Niqmadou II (1370-1340/35) ; Arhalbou (1340/35-1332) ; Niqmepa (vers 1332-1260) ; Ammishtamrou II (1260-1230) ; Ibiranou (1230-1210) ; Niqmadou III (1210-1200) ; Ammourapi (1200-1190/85).

http://www.foibiblique.com/articles/bible/genese/index.htm

5. Les relations internationales d’OugaritLa petite capitale levantine a sa place dans l’environnement historique du Proche-Orient. Au Bronze récent, les « grandes puissances » exercent leur influence et leur domination sur les petits royaumes qui occupent les territoires du Levant. Au XVe siècle, dans le conflit qui oppose le Mitanni et l’Égypte, Ougarit paraît avoir pu rester à l’écart des expéditions des pharaons vers le nord et vers l’Euphrate (par exemple celle de Touthmosis III), tout en montrant plutôt son inclination pour les régions maritimes occidentales et pour l’Égypte.



Puis, vers 1360, lorsque les Hittites mettent la main sur les possessions occidentales mitanniennes, Ougarit et le Levant nord se trouvent pris dans la rivalité entre le Hatti et l’Égypte. À la bataille de Qadesh (1275), Ougarit se range au côté du Hatti contre Ramsès II, et le traité qui suit le partage territorial met définitivement Ougarit dans la mouvance du grand roi hittite : celui-ci exercera du reste sa souveraineté en déléguant son pouvoir d’administration au roi de Carcémish (sur l’Euphrate). Le suzerain assure la protection de son vassal et garantit la continuité dynastique ougaritienne ; à ce titre, il intervient dans les affaires intérieures, par exemple dans la politique d’alliances matrimoniales d’Ougarit et des princes voisins. En échange, le roi d’Ougarit doit payer tribut (en or et en produits divers), fournir des troupes, surveiller les voisins et déjouer les complots, etc. Comme ses équivalents des petits royaumes voisins de la côte syro-palestienne, le roi d’Ougarit dispose donc d’une certaine autonomie à la fin de l’Âge du bronze, mais à l’intérieur d’une vaste région contrôlée par le pouvoir hittite. Pourtant, et jusqu’à la fin de son existence, le royaume d’Ougarit reste également tourné vers l’Égypte, avec laquelle il entretient de fructueuses relations commerciales et qui exerce sur tous les petits États cananéens une forte influence culturelle, technique et artistique.
Une grande quantité des tablettes en akkadien portent des lettres reçues de correspondants étrangers, ou des copies de celles qu’ils leur ont adressées ; ce sont fréquemment de hauts personnages – souverains des grandes puissances (roi hittite, roi de Babylone, pharaon d’Égypte) ou petits rois (Carcémish, Amourrou, Byblos, Beyrouth, Sidon, Tyr, Acco, Alashiyah-Chypre...), ministres ou intendants de ces princes... –, mais aussi négociants de l’Euphrate (Emar) ou de Phénicie, avec lesquels les Ougaritains font des affaires et qui ont établi des firmes commerciales dans le port principal du royaume. Sans vouloir prendre part aux événements de politique internationale qui marquent cette période, la cour d’Ougarit est intégrée dans un réseau de relations serrées où elle joue son rôle, plus intéressée à vrai dire par les affaires de négoce que par les activités politiques ou guerrières. Mais, à la fin du XIIIe siècle, elle connaît une décadence politique et sociale qui l’affaiblit.



Au début du XIIe siècle grandit la menace que font peser sur les régions maritimes les « Peuples de la mer » qui, depuis quelques dizaines d’années, circulaient le long des côtes de Méditerranée orientale ; certains se sont établis sur les côtes, à Chypre ou au Levant sud (Philistins) par exemple. Ils sont à l’origine de la destruction de nombreux sites côtiers et contribuent à l’écroulement de l’empire hittite ; Ramsès III remporte sur eux en Égypte une victoire qu’il raconte sur le pylône du grand temple de Medinet Habou. Il est vraisemblable qu’ils sont responsables aussi de la destruction d’Ougarit. La situation de décadence qui marque le royaume à cette période l’a empêché de réagir et de survivre aux revers et à la destruction que les textes découverts entre 1973 et 1994 permettent de placer vers 1190 avant J.-C.

6. Le territoire
Les textes administratifs et fiscaux de Ras Shamra, complétés par ceux que l’on a trouvés dans le site satellite de Ras ibn Hani (résidence royale du XIIIe s., située à 5 km) éclairent l’organisation territoriale du royaume. Il est alors divisé en trois régions administratives – villages de la montagne de l’est ; plaine agricole du sud ; région forestière et montagneuse du nord – qui entourent la capitale. Outre les ressources fondées sur l’élevage, l’agriculture ou l’exploitation du bois, l’économie ougaritienne repose sur le négoce international. La ville et le port au débouché de la route qui vient de l’Euphrate, et par là de la Syrie intérieure et des régions du nord et de l’est (Hatti, Euphrate et Mésopotamie), sont aussi un point de départ de la route maritime vers Chypre, la Crète, la Grèce mycénienne, voire la côte levantine et l’Égypte. Le port sert de lieu de transit entre le commerce caravanier de provenance syrienne et mésopotamienne et les échanges maritimes avec l’Occident.



7. Société
Auprès du roi vit une classe aristocratique fortunée, qui bénéficie de privilèges et participe activement à l’administration et à l’organisation des échanges avec l’étranger : elle assure le négoce et en tire d’importants revenus. Plusieurs dépôts d’archives dans des résidences privées (maison de Rapanou et de Rashapabou dans le Quartier résidentiel, maison de Yabninou ou Palais sud, maison d’Ourtenou au sud de la ville...) font connaître un certain nombre de hauts personnages et de grands négociants.
Les textes font la distinction entre les « gens du roi » – le personnel dont la vie est centrée sur le Palais et ses annexes où ils résident – et les « fils d’Ougarit », qui habitent le reste de la ville. Mais, dans les quartiers urbains, coexistent dans les mêmes îlots des résidences de grands personnages, des maisons plus modestes, des boutiques, ce qui montre l’imbrication étroite des diverses couches de la société ougaritienne.
Les textes fiscaux et économiques laissent entrevoir autour de la capitale la gestion d’un vaste territoire ; ils donnent des listes de villes, de villages, de fermes et d’exploitations agricoles, dont la prospérité assure celle de la population du royaume. Sur la base de ces textes, à titre d’hypothèse, on a évalué la population du royaume à environ 35 000 habitants, celle de la capitale à 6 000 ou 8 000 : cette évaluation ne contredit pas ce qu’on peut proposer à partir de l’analyse des vestiges de l’habitat.

8. Urbanisme et architecture
Plus de 6 hectares déjà explorés en surface font connaître une partie de l’urbanisme et de son organisation : rues, espaces fortifiés, espaces publics, quartiers réservés à la puissance royale ou à la vie des habitants anonymes. La ville est construite en grande partie en pierre – pierre taillée et moellons –, ce qui laisse des ruines visibles ; la construction faisait aussi un grand usage du bois, non seulement comme charpente supportant les terrasses, mais aussi sous forme de montants verticaux et de sablières horizontales pour structurer les murs de pierre ; le pisé était employé surtout pour constituer les plafonds et les toitures.
Le plan de la ville du Bronze récent, dernier avatar d’une agglomération sans cesse reconstruite sur elle-même au hasard des tremblements de terre, des destructions volontaires, des ventes de terrains, des héritages, ne présente pas d’organisation générale reconnaissable. Les rues de largeur inégale (en moyenne de 1,50 m à 2,50 m) qui suivent approximativement les courbes de niveaux sont recoupées par des ruelles plus étroites montant vers la partie haute de la ville. Des voies d’accès dans l’agglomération, on ne connaît que la Porte fortifiée qui donne à l’ouest un accès exclusif à la Zone royale, et pour la circulation ordinaire la grande voie, large de 4 mètres, qui, venant du sud, franchissait le nahr ed-Delbé sur un pont-barrage (pile sud découverte en 1998) et montait vers la place de la Ville Sud et le centre de la ville. On peut penser que d’autres accès permettaient à la population d’entrer dans la ville au nord et à l’est, mais il est impossible de les identifier sous les plantations et les habitations modernes, non plus que de délimiter le tracé des remparts.



Toute la partie occidentale de la ville – environ 10 000 mètres carrés –, protégée à l’ouest par une imposante porte fortifiée, et isolée également de la ville, était réservée à la puissance royale. Elle englobe le Palais avec ses annexes, en particulier des garnisons de défense, le petit Temple royal, et un bâtiment (Bâtiment aux piliers) qui accueillait les banquets des cérémonies. Le Palais, à la fois demeure du roi et siège du pouvoir, abrite tout un personnel (dignitaires, prêtres, fonctionnaires, domestiques, artisans, soldats de la garnison, etc.) qui lui permet de vivre de façon autonome par rapport au reste de la ville, tout en assurant les fonctions administratives et gouvernementales.
Les autres monuments sont intégrés dans l’ensemble urbain, y compris les lieux de culte. Deux grands temples (temple de Baal, temple de Dagan) sont établis au sommet de la ville sur l’Acropole, entourés de leur mur d’enceinte qui les isole. D’autres temples au contraire sont intégrés dans les îlots d’habitation, tel le temple aux Rhytons au centre de la ville.
Les maisons des quartiers d’habitations – maisons modestes ou belles résidences – présentent des dimensions et des plans variés, répondant cependant à certains principes architecturaux : maisons à plusieurs étages avec un escalier (en bois, ou en pierre et bois), pièces organisées parfois autour d’une petite cour, présence dans environ un tiers des maisons d’un caveau funéraire attestant l’existence d’un culte familial des morts. Un caractère fréquent dans cette architecture soignée est la présence d’un porche à deux colonnes, servant d’intermédiaire entre la lumière crue de l’extérieur et l’obscurité des pièces fermées : on en trouve dans plusieurs demeures du Quartier résidentiel, dans la résidence dite Palais sud, probablement aussi dans la maison d’Ourtenou, et à plusieurs reprises dans le Palais royal lui-même.



9. Les textes
Les tablettes trouvées à Ras Shamra comprennent – à côté des textes en langue ougaritique locale notée en alphabet, et quelques textes en hourrite, hittite, chypro-minoen, hiéroglyphes égyptiens – une majorité de textes écrits en akkadien, la langue diplomatique internationale de l’époque, notée en syllabaire.
L’ougaritique a servi, outre les poèmes mythologiques déjà évoqués, à noter des rituels réglant les cérémonies, des documents pédagogiques (abécédaires, vocabulaires, etc.), à rédiger des lettres, des textes traitant de l’administration du royaume (documents fiscaux, listes de métiers, de produits divers, contrats d’opérations commerciales, etc.). En akkadien sont rédigés les correspondances internationales, dont on a déjà parlé, mais aussi des textes de la littérature babylonienne (fragments d’épopée, hymnes, « sagesses »), des dictionnaires et encyclopédies, un grand nombre de documents liés à la divination et à la magie.

http://pedroiy.free.fr/alphabets/ougaritique.htm

10. Les arts et les techniques
Les objets découverts dans les maisons et dans les tombes illustrent ce qu’était la civilisation matérielle des cités du Levant au Bronze récent. On y perçoit clairement l’influence de l’Égypte, qui est à cette époque la référence universelle en fait de luxe et de raffinement.
Les maisons ont livré des témoignages de la vie quotidienne, humbles ou plus recherchés : matériel de cuisine en silex ou en basalte, outillage (couteaux, haches de bronze, balances, poids, aiguilles, pesons et fusaïoles pour le travail des tissus), petits objets personnels (pinces, épingles, boîtes, perles) ; modestes figurines de la piété populaire et des cultes domestiques.
Outre le mobilier luxueux des tombes (vases mycéniens, bijoux d’or ou de faïence, boîtes, etc.), certaines demeures de notables ont livré parfois des archives importantes, ou des éléments en albâtre ou en faïence provenant des chars que seuls les notables, propriétaires de chevaux, pouvaient avoir chez eux. Le Palais royal a livré aussi des objets exceptionnels en ivoire, en métal précieux, en faïence, en albâtre, etc. Certains de ces objets sont exotiques, importés à l’intention d’Ougaritains riches et raffinés. D’autres témoignent de l’activité inventive des artisans et artistes locaux : on leur doit des figurines de métal (bronze, or) ou d’ivoire, des bijoux et des vases de faïence ou de pierre fine, des stèles et des statues sculptées dans la pierre à l’image des dieux.
Le roi levantin d’Ougarit est un petit roi, certes, mais il est riche. À vrai dire, son mobilier, même extrêmement raffiné et de grand prix, est peu de chose sans doute auprès de l’apparat qui accompagnait dans sa tombe un pharaon égyptien à la même période ; il tranche pourtant sur le mode de vie des autres Ougaritains, même si la classe aristocratique qui l’entoure, proche de la famille royale, manifeste elle aussi des goûts de luxe ; les autres habitants mènent une vie plus modeste. Quoi qu’il en soit, le cadre de vie révélé à Ougarit par l’archéologie donne une bonne image de ce qu’étaient les sociétés fortement hiérarchisées des villes du Levant à cette époque.
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MessagePosté le: Ven 15 Aoû - 10:57 (2008)    Sujet du message: Qatna, Ougarit, Elba Répondre en citant

EBLA Site archéologique

Histoire
Aujourd’hui Tell Mardikh en Syrie. Cité du pays d’Amourrou dont le nom était cité dans d’anciens textes sumériens et akkadiens du IIIe millénaire et des documents Assyriens, hittites et égyptiens.



C’est une civilisation d’influence sémite, parlant une langue proche de l’akkadien dont l’essor est peut-être lié à l’expansion d’Ourouk. Les textes d’Ebla mentionnent beaucoup plus souvent les cités de Mésopotamie (notamment Kish) que celles du rivage méditerranéen. Cependant, des cadeaux envoyés par les pharaons Képhren et Pépi Ier ont été retrouvés dans les vestiges du palais, ce qui signifie qu’il existait des contacts entre Ebla et l’Egypte.

Entre 3000 et 2350 av. J.-C., la culture protosyrienne d’Ebla s’élabore peu à peu et s’affranchit du monde mésopotamien. A cette époque, Ebla commerce avec Chypre et la Crète notamment ; des comptoirs éblaïtes sont ouverts dans les villes de Mésopotamie. Ebla exporte des tissus de laine contre des métaux (du cuivre notamment) et des pierres précieuses (lapis-lazuli venant de l’Afghanistan actuel). La richesse de la cité provenait de ses ressources agricoles (orge, huile d’olive) et surtout d’importants troupeaux de moutons dont la laine devait alimenter une forme d’industrie textile.


Maisons de la cité

Les fouilles archéologiques, menées par des équipes italiennes, ont révélées l’existence d’un Etat qui devait être dans la deuxième moitié du IIIe millénaire, vers 2400 - 2350 av. J.-C., l’un des plus importants de la Haute Syrie. Ebla parvint même à s’emparer de Mari. L’ensemble est détruit vers 2250 avant J.-C. par Naram Sin, petit-fils de Sargon d’Akkad. Vers 1800, Ebla devient tributaire du royaume de Yamkhad dont Alep était la capitale. La ville est finalement détruite par les Hittites vers 1600 av. J.-C.

Découvertes archéologiques
Ebla était une cité fortifiée entourée de fortes murailles constituées de blocs taillés. Une acropole, presqu’au centre, domine la ville basse construite en brique crue. Cette acropole regroupe des temples et le palais royal. Ce dernier, appelé palais G, est contemporain du premier palais de Mari, et date du IIIe millénaire. C’était le centre administratif, financier et diplomatique d’un État puissant. Les fouilles ont révélées une grande cour des Audiences, vaste place rectangulaire bordée de portiques. Sous le portique nord devait se dresser un podium destiné au trône royal. Côté est, un escalier monumental donnait accès aux quartiers résidentiels et à la salle des Archives. Côté ouest, devaient se dresser des magasins aujourd’hui complètement détruits.


Palais G

La bibliothèque d’Ebla
C’est dans la salle des Archives que l’on a retrouvé un lot de 17 000 tablettes cunéiforme en sumérien archaïque, dont 2 000 quasiment intactes, qui ont été cuites, donc préservées, lors de l’incendie de la cité. Elles étaient placées sur des étagères en bois. Elles constituent les seuls textes connus du IIIe millénaire avec ceux retrouvés à Babylone et en Égypte. Elles nous renseignent sur la population, la langue, l’administration, l’économie, la religion et l’organisation sociale de l’époque. On sait ainsi que la ville disposait d’un troupeau de 200 000 têtes d’ovins, caprins et bovins et qu’elle disposait d’un artisanat actif.


La bibliothèque d'Ebla

Les archéologues ont aussi retrouvés de nombreux objets en bas-reliefs en calcaire, bois, or et lapis-lazuli ainsi que des sculptures en stéatite et des vases en diorite.

L’organisation politique de l’Etat n’est pas très sûre : il s’agissait peut-être d’une communauté de cités sans lien hiérarchique. Ce qui est sûr c’est que l’influence politique d’Ebla s’étendait, au-delà de son territoire propre, dans le bassin du fleuve Balikh et dans la région du fleuve Khabour. Plusieurs cités situées au bord de l’Euphrate lui ont versé un tribut dont Mari. Les textes ont permis d’identifier cinq « rois » ou personnages de haut rang : Igrish-Halam, Irkab-Damu, Ar-Ennum, Ebrium et Ibbi-Sipish. Plusieurs textes nous apprennent que les fils d’Ebrium étaient gouverneurs de « cités vassales », en fait de gros villages.


Tablette d'Ebla (3ème millénaire)

La religion d’Ebla s’organise autour de divinités sémites connues (Dagan, Ishtar, Resheph, Kanish, Hadad) ou inconnues (Koura, Nidakoul). Les divinités sumériennes sont peu représentées hormis Enki et Ninki. L’influence hourrite est perceptible au travers du dieu de la guerre Ashtapi et des déesses Hapat et Ishara. Les cérémonies religieuses qui étaient pratiquées sont mal connues mais les nombreux textes religieux retrouvés ne sont pas sans rappeler ceux des Sumériens. Au début du IIe millénaire, la ville comportait deux temples dans la ville basse et un grand temple dédié à sur le rebord ouest de l’Acropole.



La disparition de la cité vers 1630
Nous savons que les Hittites menèrent depuis l'Anatolie plusieurs guerres en Syrie du Nord dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. La destruction d'Alalah est généralement attribuée au roi Hattusili Ier, vers 1650 av. J.-C. Celle d'Ebla pourrait être le fait de son fils et successeur, Mursili Ier, qui remporta une grande victoire sur Alep et mena un raid le long de l'Euphrate jusqu'à Babylone. Cependant, on dispose depuis quelques années d'un texte légendaire relatif à la fin d'Ebla. Il s'agit d'une épopée bilingue découverte à Hattusha, la capitale des Hittites, en 1983 ; le texte, rédigé en langue hourrite, fut pourvu d'une traduction en hittite. Selon ce texte, la destruction d'Ebla serait due à des Hourrites menés par un certain Pizikarra de Ninive. La destruction d'Ebla fut si complète que par la suite, lorsque son nom survécut dans les sources égyptiennes (sous Toutmosis III), il ne désigna plus que la région environnante.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 18:21 (2017)    Sujet du message: Qatna, Ougarit, Elba

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