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Pétra

 
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forumanubis
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MessagePosté le: Sam 26 Avr - 15:24 (2008)    Sujet du message: Pétra Répondre en citant

PETRA



Le site en milieu naturel
Pétra se trouve à environ 250 km au sud d’Amman, la capitale de la Jordanie, à une altitude moyenne de 1 000 m, dans une zone de climat semi-désertique. Sur le site même, la pluviométrie est d’environ 150 mm répartis, de novembre à avril, sur un petit nombre de jours par an. Pluviométrie heureusement deux fois plus importante immédiatement à l’est, sur le plateau calcaire du Shara, qui culmine à 1 700 m, et au pied duquel jaillissent plusieurs sources qui fournissaient à la ville antique, grâce à un réseau de canalisations, un complément hydrique indispensable.Le site lui-même se trouve dans un massif de grès de l’ère primaire : cambriens à dominante rouge et ocre, ordoviciens à dominante blanche. Il s’inscrit dans un amphithéâtre naturel entouré de buttes-plateaux plus ou moins abruptes, traversé par le wadi Mousa, seule voie de circulation est-ouest de la ville. Ce wadi suit le tracé du Siq, une gorge naturelle de 2,5 à 15 m de largeur et d’environ 2 km de longueur, bordée de falaises culminant à 140 m de hauteur, qui permet de rejoindre le cœur du site et ses principaux monuments. D’autres wadis, parfois très étroits et encaissés, entaillent les grès et délimitent les différents secteurs topographiques de Pétra.



Pourquoi les Nabatéens se sont-ils installés à Pétra ?
Les raisons qui ont poussé les Nabatéens à s’installer dans un environnement aussi inhospitalier ne sont pas évidentes :les principaux itinéraires commerciaux antiques ne passaient pas précisément par là, l’entrée dans la ville était malaisée, les communications vers l’ouest – et donc vers la Méditerranée – étaient très difficiles et les ressources en eau modestes. À ses origines au moins, Pétra ne s’est donc pas développée grâce aux facilités qu’elle offrait aux caravanes de marchands mais bien, comme le raconte l’historien grec Diodore de Sicile, en raison de son rôle de refuge : les accès, peu nombreux et étroits, pouvaient être surveillés par un petit nombre d’hommes qui annonçaient de proche en proche les attaques par des signaux de feu et par des messagers rapides. D’un point de vue stratégique, cela permettait de concentrer les troupes en un seul lieu, décuplant ainsi leur efficacité. D’ailleurs, à l’époque nabatéenne, Pétra n’était pas ceinte d’un rempart continu, elle était protégée par une série de bastions, parfois flanqués de murs, construits sur les points hauts de la ville. La localisation au fond d’une cuvette permettait enfin de recueillir l’eau de ruissellement par simple gravité, au moyen d’un réseau dense de canaux taillés dans le rocher aboutissant à plus de 200 citernes et bassins de toutes tailles.



Découverte et exploration
Avant même que le site ne soit visité pour la première fois, en 1812, par le Suisse J. L. Burckhardt, un explorateur allemand, U. J. Seetzen, avait déjà, quelques années plus tôt, suggéré l’identification du site, dont il avait entendu parler par les Arabes sans pouvoir s’y rendre lui-même, avec la Pétra des auteurs anciens.Le premier témoignage véritable reste cependant celui de Burckhardt, qui tenta sans succès, à cause de l’hostilité des Bédouins, de monter au sommet du jebel Harun, un massif qui se dresse au sud-ouest du site proprement dit, où une tradition, qui remonte au moins à l’historien juif Flavius Josèphe, place le tombeau du prophète Aaron, le frère de Moïse. Il traversa le site d’est en ouest, prenant au passage des notes qui figurent dans son Travels in Syria and the Holy Land, paru en 1822, à Londres, car il avait été envoyé en Orient par une institution britannique.
Il fut suivi de près, en 1818, par le voyageur anglais W. J. Bankes, dont les archives ont été découvertes en 1994 dans le château familial et dont le rôle dans l’exploration du site est désormais reconnu. Il était accompagné, entre autres, par deux officiers de la marine britannique, C. Irby et J. Mangles, qui publièrent sous leur propre nom le journal quasi inchangé de Bankes. Pour des raisons qui demeurent obscures, ce dernier ne le publia jamais lui-même. On doit notamment à Bankes le premier dessin de la Khazneh, la première copie de la grande inscr1ption nabatéenne du Turkmaniyyeh, mais aussi des remarques pertinentes sur la céramique nabatéenne, sur les bétyles (pierres dressées) ainsi que sur les méthodes de construction des tombeaux rupestres.



Les premiers Français qui visitèrent Pétra, en 1828, furent Léon de Laborde et Maurice-Adolphe Linant de Bellefonds, dont le nom est également associé au percement du canal de Suez. Ils publièrent à Paris, en 1830, dans un volume in-folio intitulé Voyage de l’Arabie Pétrée, trente-trois dessins commentés qui révélèrent le site aux Occidentaux et contribuèrent à en faire, dès la fin des années 1830, un but de visite. Malgré les difficultés du voyage, explorateurs, officiers, archéologues ou même simples touristes venus du Caire ou de Jérusalem, en majorité anglo-saxons mais aussi allemands et français, s’y donnèrent rendez-vous. On peut citer parmi eux les Américains John Lloyd Stephens – dont la visite de Pétra détermina la vocation d’explorateur des cités mayas – et Edward Robinson, pionnier de l’archéologie biblique, le géographe français Jules de Berthou, le duc de Luynes, auteur d’une étude géographique sur la mer Morte, l’assyriologue anglais Henry Austen Layard... Le site fut également immortalisé par les lithographies du peintre écossais David Roberts, qui y séjourna en 1839.

L’ère des fouilles archéologiques
Les premières fouilles, favorisées par la création, sous mandat britannique, de l’État de Transjordanie, de services des Antiquités sur les deux rives du Jourdain et d’écoles archéologiques à Jérusalem, commencèrent à la fin des années 1920. En plus des travaux de dégagement et de restauration visant principalement à accroître l’intérêt touristique du site, qui commencèrent en 1954, et si l’on exclut les sondages modestes ouverts dans les années 1958-1960 en différents points de la ville, les principaux travaux archéologiques portèrent sur les monuments suivants : la voie à Colonnade, dégagée par D. Kirkbride en 1955 et 1956 ; le théâtre principal, fouillé par P. C. Hammond en 1961 et 1962 ; l’habitat édomite du plateau d’Umm al-Biyarah, fouillé par C. M. Bennett entre 1960 et 1965 ; le téménos (enceinte sacrée) du Qasr al-Bint, le temple le mieux conservé de Pétra, de 1963 à 1965 ; le Qasr al-Bint lui-même, fouillé depuis 1983 par F. Zayadine ; le temple aux Lions ailés, fouillé depuis 1973 par P. C. Hammond ; enfin les fours de potier de Zorrabeh, immédiatement à l’est du site, fouillés en 1980, 1981 et 1991. On peut regretter qu’à l’exception de celle du théâtre, aucune de ces fouilles n’ait été publiée autrement que sous la forme de brefs rapports préliminaires.



Recherches récentes
Depuis la fin des années 1980, le site a fait l’objet de plusieurs projets de grande envergure qui ont donné un nouvel élan à l’intérêt porté à Pétra et aux Nabatéens par la communauté scientifique. Il s’agit tout d’abord, depuis 1988, de la fouille de plusieurs unités d’habitation sur la colline d’az-Zantur, au sud et au-dessus de la voie à Colonnade, par une équipe de l’université de Bâle dirigée par R. Stucky puis par B. Kolb ; de la fouille d’une église byzantine située au nord du wadi Mousa, de 1992 à 1994, par Z. T. Fiema de l’American Centre for Oriental Research d’Amman ; de la fouille du plus grand temple de Pétra, d’ailleurs baptisé Great Temple par l’archéologue américaine de l’université de Brown, M. S. Joukowsky, qui en dirige la fouille depuis 1993 ; de la fouille de quelques boutiques situées sur le côté sud de la voie à Colonnade, par Z. T. Fiema, en 1997 et 1998 ; de la fouille d’un ensemble religieux comprenant une église et un monastère, au sommet du jebel Harun, pour la première fois accessible aux archéologues, finlandais, depuis 1998. Il convient également de signaler la réalisation, par une équipe française du C.N.R.S., de la carte archéologique du site, destinée à faire partie d’un atlas commenté. Il faut enfin rappeler que le département des Antiquités de Jordanie, qui participe de manière quasi systématique aux fouilles, a fait d’énormes efforts, depuis les années 1960, pour assurer la préservation et la mise en valeur du site, rendues nécessaires par l’afflux de plus en plus important des touristes.



Du Néolithique à l’Âge de fer
Des traces d’occupation datant du Néolithique ont été relevées à la périphérie du site, notamment à Beida, au nord de Pétra, où un habitat du VIIe millénaire a été fouillé dans les années 1960. À Pétra même, la première occupation connue remonte à l’Âge du fer. Il s’agit d’un habitat en pierre sèche situé au sommet du massif d’Umm al-Biyarah qui domine le site au sud-ouest.Il est composé de longues pièces dans l’une desquelles a été trouvé un sceau portant l’inscr1ption Qws G..., sans doute « Qos-Gabr », roi d’Édom dans la première moitié du VIIe siècle.
On s’est longtemps demandé si la localité de Sela’, mentionnée dans la Bible dans le deuxième livre des Rois, chap. 14, 7, parmi les prises d’Amasias, roi de Juda en Édom, correspondait au massif d’Umm al-Biyarah ou au site moderne de Sela’, à trois kilomètres au nord de Buseirah, la capitale des Édomites. Le seul argument qui permettrait de faire pencher la balance en faveur du second est l’absence d’occupation sédentaire identifiée au sommet d’Umm al-Biyarah avant le VIIe siècle, alors qu’Amasias a régné au début du VIIIe



Les dieux et leurs représentations
Les Nabatéens honoraient plusieurs divinités, certaines appartenant au fonds arabe et d’autres au domaine syrien. Parmi les premières figurent Dushara, dieu masculin le plus souvent invoqué, dont le nom signifie sans doute « celui du Shara », al-Kutba, le dieu de l’écriture et de la divination, al-’Uzza, « la très forte », Allat, « la déesse », et Manawat, la déesse du destin (il faut noter cependant que les deux dernières ne sont pas attestées à Pétra dans les inscr1ptions) ; parmi les secondes figurent le grand dieu Baalshamin et Atargatis de Hiérapolis, en Syrie du Nord. Ils vénéraient également Isis, à laquelle deux sanctuaires rupestres et sans doute un temple étaient consacrés à Pétra. La diffusion du panthéon gréco-romain eut pour conséquence une série d’assimilations, Dushara étant identifié tour à tour à Dionysos et à Zeus tandis qu’al-’Uzza était identifiée à Aphrodite.Conformément aux traditions du paganisme préislamique, les divinités étaient représentées sous la forme de bétyles, étymologiquement « maisons du dieu », qui sont à Pétra des pierres rectangulaires, parfois, mais rarement, arrondies ou en demi-sphère. Si l’on en croit le lexique byzantin qui le décrit au Xe siècle, le bétyle de Dusarès, nom grec de Dushara, était recouvert d’or et on lui versait des libations dans le temple. Il ne faut cependant pas oublier qu’il existe à Pétra une abondante statuaire qui montre que les Nabatéens ne dédaignèrent pas, dès qu’ils se furent sédentarisés, de représenter leurs dieux sous la forme et avec les attributs du panthéon gréco-romain.
Les bétyles ne portent habituellement aucun décor ; seuls quelques exemplaires, appelés bétyles aux yeux ou bétyles anthropomorphes, présentent sur une face l’image stylisée d’un visage, le plus souvent sans bouche, les yeux et le nez étant dessinés en léger relief. Chaque bétyle était placé dans une niche mais il n’est pas rare de trouver des groupes de deux ou trois bétyles, voire plus. Le site a livré plusieurs centaines de ces niches, parfois regroupées jusqu’à former de véritables sanctuaires, notamment dans des sites naturels liés à l’eau, suintant au goutte à goutte comme au Qattar ad-Deir ou au contraire tourbillonnant dans des gorges comme dans le Sidd al-Ma’jin. Elles sont malgré tout le plus souvent taillées une par une, soit complètement isolées, soit associées à des tombeaux qu’elles placent de fait sous la protection divine, soit enfin et surtout le long des voies processionnelles menant aux sanctuaires principaux de la ville.

ConclusionCe site majeur du Proche-Orient n’a pas livré tous ses secrets. La chronologie de l’occupation, l’organisation sociale de ses habitants, leur origine et leur devenir restent largement méconnus. De plus, il reste encore à répondre à une grande question qui tourmente archéologues et historiens : Pétra fut-elle véritablement une cité caravanière, comme le fut Palmyre après elle ? Les textes anciens et l’archéologie n’offrent pas de réponses claires et les inscr1ptions sont sur cette question étonnamment muettes.

Pour visionner des photos de PETRA, je vous conseille ce site :

http://jordanie.dours.com/jordanie
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